Edit le 17/07/2012 : il semblerait qu'un certain nombre d'internautes pointent le bout de leur souris ici en ayant googlé "bon anniversaire papa". Alors si c'est votre cas et que vous êtes à la recherche d'un cadeau d'anniversaire inoubliable pour votre père, je vous propose de lui offrir une initiation au Champagnes dans une authentique maison de champagne familiale et authentique (j'ai écrit deux fois "authentique" parce que c'est vraiment authentique). Sinon, j'ai bien peur de ne pas pouvoir vous aider. Bonne lecture !
Le problème principal une fois que les bourgeons ont pointé le bout de leurs feuilles en dehors de leur bourre de coton, c'est qu'ils sont sensibles au gel. Donc depuis 3 semaines, c'était le principal sujet de conversation dans le vignoble. Le chef de cave d'une union de coopératives m'a même dit : vivement qu'il gèle comme ça ce sera fait on pourra parler d'autre chose ! Evidemment il s'agissait d'humour, mais peut-être aussi en partie d'exorcisme... Et bien ça n'a pas marché.
Le 17 avril (le jour de l'anniversaire de Papa, on s'en souviendra), les températures sont descendues autour des -4°C (parfois même -7 dans certaines régions du vignoble).
.jpg)
A chaque vendange, les vignerons ont le droit de mettre en réserve une partie de leur récolte. C'est une sorte d'assurance contre le gel. Cette réserve individuelle est bloquée et ne peut pas être mise en bouteille. En cas d'accidents de ce type, on peut "débloquer" la réserve. Donc dans les faits, on arrivera quand même à faire du Champagne l'année prochaine avec la réserve et les quelques kilos qu'on va quand même récolter.
Mais ça c'est la version rationnelle de la situation. Parce que dans les faits, voir ces alignements de bourgeons noirs, brûlés par le gel, ce n'est pas cool. Du tout.
Je crois qu'on porte aussi la mémoire de nos aïeux dans ce genre de situation. Pour mon arrière-grand-père, Charles, une gelée de cet ordre il y a 80 ans, ou même pour mon père en 1968 (premières grosses gelées de sa carrière), ça voulait dire qu'on ne savait pas comment on allait manger l'année suivante.